Histoire de ZAZOU du 14 Février 2018.

  

Belle relation entre un cheval minorquin et son propriétaire…

 

Zazou a donc été opéré...... je ne pouvais pas me résoudre de « l’endormir » Il a passé toutes les épreuves avec succès... opération, réveil, acceptation du plâtre, isolation dans la clinique (j’allais le voir tous les jours avec carottes et pommes pour la vitamine C). Pour le retour au Ranch, il est monté dans le van avec son plâtre sans problème en me suivant tranquillement, à la grande surprise des vétos....... qui disaient que c’est le candidat idéal pour cette opération..... peut-être, mais j’aurais préféré différemment ... .

 

Maintenant il reste en box avec calme, température tous les jours. Il n’a pas le droit de se déplacer, seulement dans le box et avec la possibilité de se coucher pour économiser les autres membres. Et ....pendant 8 semaines. Il faut qu’il tienne!!!!!!

 

Après radio, et peut-être autre plâtre.....en attendant d’aller, enfin au pré en boitant, mais vivant....pour brouter de la bonne herbe.

 

À moi de lui apprendre des tours et des démonstrations pour ne pas perdre le moral et garder son rang dans la cavalerie (c’était le chef).

 

Bien sûr, on ne pourra pas le monter (voir radio). Mais on ira se balader tous les deux à pied, en longues rênes ... à voir.

 

Voilà, ce que peut faire un Minorquins qui, je pense, à confiance en moi et au Ranch, il est donc capable de garder le moral.

 

Quand je l’ai vu tremblant et transpirant à la clinique, je pense qu’inconsciemment il se savait perdu, comme le serait un cheval sauvage dans la nature. Quand je l’ai aidé à se tenir et lui donnant des carottes, je l’ai vu se ressaisir et, peut-être comprendre qu’on était là pour l’aider surtout avec l’attelle. Toujours inconsciemment, il comprenait qu’on le sauverait...

 

Jean-François

 

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Histoire de ZELDA du 19 Novembre 2018.

 

Madame,

 

Je vous envoie ce mail suite à la discussion que nous avons eu à Equita Lyon.

 

Je m’excuse de vous envoyer ce mail aussi tardivement mais j’ai été très prise.

  

Concernant le témoignage, Zelda est une jument de propriétaire en pension les mois d’hiver dans le centre équestre où je travaille.

 

Lorsqu’elle est arrivée, ma patronne m’a dit que j’allais l’avoir au travail.

 

Une jument relativement lymphatique, froide à la jambe mais gentille et volontaire.

 

Une jument qui venait de passer presque 6 mois au pré à faire un peu de plat et de la balade.

 

Une jument d’un confort incroyable.

  

Tout l’année je l’ai travaillée sous l’œil de ma patronne et de sa propriétaire, autant en dressage qu’à l’obstacle.

 

 À un mois et demi de l’examen pratique pour le BPJEPS (monitorat), la décision de prendre Zelda pour le dressage s’est confirmée. 

  

Mon formateur n’a pas arrêté de me dire: « Tu prends des risques inutiles. », « La jument n’est jamais sortie en concours. », « Qu’est-ce que tu veux aller présenter l’examen de dressage avec un cheval de balade ? ».

  

Quinze jours avec l’examen, nous avons participé toutes les deux à un stage organisé par Nicolas BRODZIAK où à la fin des deux jours, nous étions aux changements de pieds au temps. Une jument juste exceptionnelle !

 

Arriva le jours fatidique. L’examen se faisait au Parc du Cheval de Chazey-sur-Ain. 

 

Lors de la détente, une jument un peu volage à regarder ce qu’il se passe à droite à gauche, les chevaux qui sautent, les drapeaux, les chevaux de course galopant sur la piste juste au dessus ; mais une détente très propre.

 

Lorsque l’on est arrivé vers la tente des examinateurs, la jument s’est mise debout car à cause du vent, la tente bougeait.

 

Mon examinateur a prit un air consterné...

 

À partir du moment où l’on est rentré sur le carré jusqu’au salut final, .... Ce n’était pas la Zelda que je connaissais ! Une jument légère dans le travail, précise, concentrée au possible, des allures très aériennes.

 

En un mot... FANTASTIQUE !! 

 

Je suis extrêmement fière d’elle.

 

Je suis ravie d’avoir pu travailler avec une minorquine et d’avoir pu connaître cette race. 

 

Ce sont vraiment des chevaux fantastiques, froid dans leur tête et prêt à tout pour leurs cavaliers.  

 

Je suis ravie d’avoir pu faire votre connaissance.  

 

Cordialement, 

 

Eugénie

 

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Histoire de Amadeus face à la maladie de Lyme. 

 

Il y a près d’un an, en début  d’été  2018, j’ai senti mon cheval  Amadeus (PRMe de 8 ans) perdre de l’énergie, se raidir dans le dos au travail. Quelques alertes de ce type s’étaient déjà produites au cours du printemps mais de façon très irrégulière.

 

La situation s’est aggravée doucement avec notamment des difficultés voire l’impossibilité de prendre le galop ou de le tenir : tête plongeant entre les épaules, oreilles couchées de désagrément, accélération et prise d’un trot anarchique et désagréable. Attitude d’autant plus inquiétante que le galop est vraiment son allure de prédilection.

 

Amadeus qui toise presqu’un 1,70 m, avec des articulations fines et longues,  rappelle qu’il y a du pur-sang anglais dans les origines du PRMe. Je le trouvais aussi plus « triste » (était-ce de ma part un peu d’anthropomorphisme ?... je connais très bien mon cheval quand même, et  il ne me semblait pas  comme d’habitude, s’isolant parfois des heures sans bouger).

 

Moi-même souffrant du dos alors, j’ai laissé passer un peu de temps en me cantonnant au travail au trot et au pas : il pouvait s’être fait mal au pré où il aime jouer au poulain avec ses compagnons.

 

Comme son dos est très long et donc plus sensible, il a  l’habitude de voir un vétérinaire ostéopathe qui le connait bien. Je l’appelle alors pour lui demander conseil. A la description des symptômes, il confirme la possibilité de problèmes dorsaux, peut-être un chevauchement des apophyses épineuses. Toutefois, tout diagnostic nécessite des radios. Pas question de le manipuler sans savoir, le remède pouvant alors être plus grave que le mal.

 

Nous conduisons Amadeus dans une clinique équine en Vendée. Sur place, la vétérinaire, après être tombée en admiration devant le cheval et ravie de voir pour la première fois un minorquin (il aura droit à une séance photo par la secrétaire pour le site web de la clinique et nous ne sommes pas peu fiers de faire la promotion de la race !), enchaîne les observations et manipulations d’allures et d’articulations, en main puis en longe. Elle confirme : raideurs  évidentes et surtout un manque de tonus, de vitalité qui la contrarie.

 

La radio ne révèle rien d’alarmant au niveau du dos : pas de chevauchement d’apophyses épineuses (ouf ! car c’est très handicapant et difficile à éradiquer). Effectivement, des précautions sont à prendre avec un dos si long, mais les douleurs sont sans doute un révélateur plus qu’une cause.

 

L’apathie du cheval amène la professionnelle  à évoquer la possibilité d’une piroplasmose (mais les muqueuse ne sont pas « décolorées »…) … ou de la maladie de Lyme, plus difficile à détecter.

 

Ces deux maladies aux origines semblables, morsures de tiques, sont  d’une forme différente : une espèce de tique porteuse d’un protozoaire transmet la piroplasmose, une autre porteuse d’une bactérie : la maladie de Lyme.

 

Le traitement s’avère donc différent. La maladie de Lyme a été très peu étudiée chez le cheval et les symptômes très  variés la  rendent très délicate à diagnostiquer. Parmi ceux-ci : perte d’énergie, d’appétit (ce n’est pas le cas d’Amadeus), douleurs articulaires et dorsales pouvant être  handicapantes et parfois  irréversibles … . Il faut plusieurs prises de sang à intervalles précis  pour confirmer la maladie de Lyme ou borréliose. En attendant, pas de travail mais pas « d’abandon » du cheval non plus pour son moral. Je me contente d’un très léger travail, à pied le plus souvent, selon l’état du jour d’Amadeus.

 

 La maladie confirmée, le traitement se met en place en octobre : 3 semaines, matin et soir, d’antibiotique (Ronaxan) à l’ingurgitation difficile, avec risque d’effets secondaires embêtants (diarrhées, coliques…).

 

Amadeus nous fait suffisamment confiance, après quelques galères (refus de manger la poudre dans la nourriture même avec miel, pommes et autres carottes) pour accepter les prises dans la bouche directement, grâce à un « pistolet » prévu à cet effet.

 

Des probiotiques sont prévus en cas du moindre problème digestif. Ils seront nécessaires au bout de quelques jours avec efficacité. Nous savons que la guérison est lente et incertaine.

 

Petit à petit, depuis janvier 2019, la forme d’Amadeus s’améliore mais son dos reste raide et semble-t-il souvent douloureux. La défense au galop, d’abord atténuée, se manifeste à nouveau de façon récurrente puis systématique.

 

Je recontacte la vétérinaire de Vendée et nous emmenons Amadeus à nouveau en consultation. Celle-ci confirme à la fois que la situation de forme s’est améliorée mais que les raideurs persistent. Le diagnostic s’oriente vers une lombalgie due à la fois aux séquelles de la maladie et à la perte de musculature consécutive.

 

Une séance de mésothérapie pratiquée par la vétérinaire sur place doit aider Amadeus à se sentir mieux dans son dos pour permettre un travail plus conséquent qui lui redonnera des muscles et donc un meilleur dos … . Il s’agit de réenclencher un cercle vertueux. La séance est assez impressionnante (barres de piqûres tout le long de la colonne vertébrale après un nettoyage de 25mn jusqu’à ce que l’eau soit limpide pour éviter toute infection) et ne doit être pratiquée que par un professionnel assermenté !

 

Une semaine de repos avec couverture pendant plusieurs jours s’impose (les roulades dans le pré risquant d’apporter des infections par les zones piquées) puisqu’il faut une  reprise progressive du travail et une intensification si tout va bien.

 

La vétérinaire ne  nous garantit pas de miracle: les réactions sont variées selon les chevaux. Des séances de laser encore plus efficaces en cas de résistances, sont en plus possibles.

 

Pour Amadeus, la séance de mésothérapie est concluante. Après 2 ou 3 séances de travail un peu mitigées (mais je pense qu’il se ménage car conserve ses douleurs en mémoire), je retrouve avec bonheur le merveilleux galop de mon cheval. Certes, il fatigue encore vite alors j’adapte le travail. Mais il faut aussi, sur les conseils de la vétérinaire, le « bousculer » un peu pour qu’il récupère sa forme physique et mentale.

 

D’avoir déjà été infecté par cette maladie ne garantit pas à Amadeus de ne plus la contracter, peut-être même au contraire. Alors, je surveille les tiques sur son corps, d’autant que l’évolution du climat (de moins en moins froid l’hiver) favorise la prolifération de ces parasites.

 

Sans doute ne faut-il pas trop « ménager » son cheval au risque de  le ramollir aux dires des grands cavaliers, mais être attentif à son comportement et se faire confiance quand on connait bien son cheval, permet de ne pas passer à coté de certains problèmes médicaux comme cette maladie insidieuse. Quand un cheval se défend, chercher d’abord si rien ne le gêne ou ne  le fait souffrir, reste primordial, avant de penser qu’il nous teste ou fait sa mauvaise tête. C’est d’autant plus vrai avec nos minorquins, joueurs et malins, mais toujours si généreux avec leur cavalier.

 

Corinne Sicot

 

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