Les vaccinations du cheval

pictoLes vaccinations du cheval

Principe de la vaccination 

La vaccination consiste à déclencher les défenses spécifiques (anticorps) du cheval en lui administrant, non pas le microbe de la maladie, mais une partie ou le microbe « transformé » ; ainsi, cette injection ne le rendra pas malade, mais entraînera une réaction de son organisme en produisant les anticorps qui le protégeront quand il sera en contact avec le véritable germe.

Les principales maladies, contre lesquelles la vaccination est couramment pratiquée, sont la grippe, le tétanos, la rhino pneumonie et la rage ; des vaccins existent également contre la gourme et l’artérite virale. 

Règles de vaccination 

  • Le cheval soumis à vaccination doit être en bonne santé, et avoir été vermifugé auparavant afin d’obtenir la meilleure réponse immunitaire
  • Il est possible de vacciner le même jour contre plusieurs maladies
  • Le protocole de vaccination nécessite généralement 2 injections à 1 mois d’intervalle pour la primo vaccination (sauf la rage) et des rappels annuels ou après quelques mois suivant la maladie ou la réglementation
  • Après la vaccination, il convient d’éviter des efforts trop importants dans les jours qui suivent, et même la participation à des épreuves peut être interdite avant un certain délai
  • La vaccination est un acte médical qui doit être pratiqué par un vétérinaire ; il certifiera sa réalisation en apposant les vignettes du vaccin, son cachet et sa signature sur la page réservée du livret signalétique 

Le tétanos

            Bien que non obligatoire, la vaccination antitétanique est fortement recommandée, le cheval étant particulièrement sensible à cette affection

Protocole vaccinal :

  • Primo vaccination : 2 injections à 1 mois d’intervalle, à partir de l’âge d’1 mois si la mère n’est pas vaccinée et 4 mois si mère vaccinée
  • Rappels : 1er rappel un an après la primo vaccination, puis rappels tous les 3 ans et à chaque blessure suspecte

En pratique, le vaccin est couplé avec le vaccin grippe, et les rappels sont annuels

La protection de la vaccination contre le tétanos est considérée comme excellente 

 

La grippe

La vaccination antigrippale est obligatoire pour participer à toute épreuve ou compétition équestre et à tout rassemblement de chevaux

Protocole vaccinal :

 

Primo vaccination : 2 injections espacées de 21 à 92 jours, à partir de l’âge de 2 mois si la mère n’est pas vaccinée et 4 mois si mère vaccinée

  • Rappels : après la primo vaccination, les dates de rappel varient suivant les rassemblements auxquels participe le cheval :

Ø  Elevage

La réglementation est variable suivant les races et le mode de reproduction : la vaccination est obligatoire pour tous les étalons, et pour les poulinières produisant en races Pur-Sang, AQPS, TF, SF et AA, suivant le protocole vaccinal minimal (rappel annuel)

Ø  Compétitions et courses

-          compétitions ou rassemblement FFE, Haras Nationaux, SHF : rappel annuel avant le 365ème jour

-          compétition FEI : rappels tous les 6 mois (+ ou – 21 jours)

pour ces épreuves FFE ou FEI, aucune de ces vaccinations ne doit avoir été administrée dans les 7 jours précédant la date de la compétition ou le jour d’arrivée du cheval dans les écuries de la compétition. 

-          courses hippiques : 1er rappel à 6 mois (entre 150 et 215 jours après la 2ème injection de la primo vaccination), et rappels ultérieurs dans un intervalle inférieur à 365 jours

Aucun cheval ne peut être admis à courir s’il a reçu une injection vaccinale dans les quatre jours précédant l’épreuve. 

La vaccination grippale est considérée comme correcte et renforcée si les rappels ont lieu tous les 6 mois

 

La rhino pneumonie

la rhino pneumonie est une maladie virale qui se manifeste sous des formes différentes (avortement, troubles respiratoires, troubles nerveux), les modalités de vaccination seront différentes suivant la protection recherchée et selon le vaccin

Protocole vaccinal :

  • cas des poulinières :

-          primovaccination : 2 injections à 1 mois d’intervalle avant la 1ère saillie, puis rappel au 5ème mois de gestation

-          rappels : annuels pendant la première moitié de la gestation, voire selon le fabricant : 3 rappels annuels à 5,7et 9 mois de gestation

la vaccination des poulinières contre la rhino pneumonie  est obligatoire pour la race Trotteur Français

  • cas des étalons :

-          primovaccination :2 injections à 1 mois d’intervalle

-          rappels : tous les 6 mois

la vaccination des étalons contre la rhino pneumonie est obligatoire pour les races Trotteur Français, Anglo-arabe et Merens

  • autres chevaux :

-          primovaccination : 2 injections à 1 mois d’intervalle

-          rappels : tous les 6 mois ou annuel

la vaccination est recommandée dans les effectifs importants et pour les chevaux de compétition 

 

La rage

la vaccination contre la rage  était obligatoire jusqu’en 2003 ; la rage, ayant complètement disparu en France, elle ne s’impose plus ; toutefois des propriétaires de chevaux qui séjournent au pré, à proximité de forêt, souhaite encore les prémunir

Protocole vaccinal :

  • primo vaccination :

-          avant l’âge de 6 mois : 2 injections à 1 mois d’intervalle à partir de l’âge de 2 mois (mère non vaccinée) ou 4 mois (mère vaccinée)

-          à partir de 6 mois : 1 injection

  • rappels : 1 injection annuelle

 

 La gourme

la vaccination n’est pas obligatoire, mais peut présenter un intérêt dans les effectifs où passent de jeunes chevaux, en raison des conséquences de la maladie

le vaccin s’injecte par voie sous-muqueuse intralabiale

Protocole vaccinal :

  • primovaccination : 2 injections à 1 mois d’intervalle
  • rappels : tous les 3 à 6 mois 

 

L’artérite virale

l’artérite virale a été décrite en Normandie en juillet 2007, et a entraîné des mesures sanitaires importantes

la vaccination peut aider dans des circonstances exceptionnelles

Protocole vaccinal :

  • primo vaccination : 2 injections à 1 mois d’intervalle
  • rappels : tous les 6 mois 

Ces protocoles de vaccination déployés à grande échelle ont permis de maitriser l’impact des maladies concernées ; on peut regretter que la vaccination ne couvre pas certaines maladies fréquentes, en particulier la leptospirose


Quelles questions se poser avant d'utiliser un antibiotique ?

pictoQuelles questions se poser avant d'utiliser un antibiotique ?

Vous vous apprêtez à utiliser un antibiotique. Est-ce ce qui est prévu par votre protocole de soins ?

Les résistances bactériennes aux antibiotiques sont un problème majeur de santé animale et de santé publique. Chacun doit se montrer vigilant au moment d’utiliser un antibiotique. Quelques questions simples vous permettront, sans bouleverser vos habitudes, de limiter très fortement le risque de contribuer à faire émerger des résistances. 

Ai-je tous les éléments me permettant d’identifier la maladie ? 

Pas de traitement efficace sans un bon diagnostic ! Avant d’ouvrir la pharmacie, commencez toujours par un examen aussi complet que possible de l’animal, faites le tour des symptômes apparents, si vous savez le faire, utilisez votre stéthoscope (très utile pour écouter les bruits digestifs des bovins). Prendre la température est essentiel ! C’est une information discriminante majeure pour prendre nombre de décisions de traitement. Faites-en un réflexe systématique.

Référez-vous à votre protocole de soins pour orienter votre diagnostic. En cas d’incertitude, de difficulté à décider, de symptôme inquiétant ou imprévu, appelez votre vétérinaire ! 

Suis-je certain que c’est une maladie bactérienne ? 

Une chose est certaine : les antibiotiques sont totalement inutiles contre les maladies provoquées par les virus et les parasites. Les utiliser en la circonstance, c’est prendre le risque – totalement superflu - d’y exposer des populations de bactéries utiles, de générer dans ces populations des phénomènes de résistance, qui pourront ensuite se transmettre à d’autres bactéries dangereuses.

On n’utilise pas un antibiotique « pour essayer » ou « au cas où » ! Si vous n’êtes-pas certain d’avoir reconnu une maladie provoquée par une bactérie, demandez-nous conseil avant de traiter.

Mon protocole de soins prévoit-il d’utiliser un antibiotique ? 

Votre protocole de soins est avant tout un outil prévu pour vous aider à utiliser les bons traitements aux bons moments. S’il ne prévoit pas d’antibiotique, c’est qu’ils ne sont pas utiles en la circonstance.

Si la situation que vous rencontrez n’est pas prévue dans votre protocole de soins, n’improvisez pas ! Prenez le téléphone. 

Ai-je bien l’antibiotique prévu dans le protocole de soins ? 

Tous les antibiotiques ne sont pas interchangeables ! Ils n’agissent pas tous ni de la même façon, ni sur les mêmes bactéries. De plus, les composants qui accompagnent la molécule active servent de véhicule et permettent d’atteindre et de cibler, plus ou moins, diverses parties de l’organisme. Une spécialité antibiotique mal choisie, mal adaptée, peut totalement manquer sa cible mais générer des résistances dans d’autres populations de bactéries inoffensives qu’il rencontrerait sur son passage. 

Le flacon est-il en bon état ? Périmé ? Entamé ? 

Un antibiotique périmé ou mal conservé perd son efficacité mais pas nécessairement sa capacité à générer des résistances ! Au contraire, en exposant les bactéries à des doses de molécules affadies, sans effet destructeur ou inhibiteur, elles auront toutes chances de s’y adapter et de développer des mécanismes de défense. C’est un risque à ne pas courir !

Vérifiez toujours la date de péremption d’un produit que vous conserviez dans votre pharmacie.

Si vous entamez un flacon, notez la date d’ouverture sur l’étiquette ou sur la boite. Elle vous sera très utile la fois suivante.

Enfin, conservez les produits, neufs et entamés, dans de bonnes conditions, dans une armoire tempérée, fermée, à l’abri de la lumière – ou au réfrigérateur si la notice le précise. 

Ai-je une quantité suffisante de cet antibiotique pour finir le traitement ? 

Avant de commencer à traiter consultez votre ordonnance et vérifiez que vous disposez bien d’une quantité suffisante d’antibiotique pour aller au bout du traitement.

Un traitement trop court ou à trop petite dose risquerait de laisser des populations de bactéries résiduelles, ayant potentiellement acquis une résistance, qui pourront provoquer une récidive, contaminer d’autres animaux, et qu’il sera alors extrêmement difficile de détruire en seconde intention ! 

L’animal a-t-il reçu un autre traitement précédemment ? S’agit-il d’une rechute ? 

En cas de non guérison, de rechute, il est rarement pertinent de réutiliser le même traitement, dans les mêmes conditions.

Certains traitements sont incompatibles ou simplement équivalents – donc inutiles à la suite les uns des autres. Un traitement antibiotique « en seconde intention » ou « en troisième intention » n’est pas du tout équivalent au même traitement utilisé au moment de l’apparition des symptômes.

Dans cette situation, le plus sage est de vérifier de votre protocole de soins – ou auprès de nous - si vous disposez des informations et du produit adapté pour gérer la suite. 

Quoi qu’il en soit, garder en tête deux idées simples : d’une part, tout traitement antibiotique, quel qu’il soit, est susceptible de générer des résistances mais surtout, tout traitement mal choisi, mal adapté, mal conduit, multiplie ce risque dans des proportions importantes.

Lutter contre l’antibiorésistance dans son élevage, c’est d’abord traiter correctement, sans improviser !